L’étrange lettre témoignage «disparue» de l’institutrice Lydia Lainé de 1947

Après une recherche aux archives départementales de la Vienne et des demandes répétées  d’information auprès de  l’historien Roger Picard depuis 2005, la découverte fortuite aux AD-Vienne de la fameuse lettre de Mme Lydia Lainé éclaire sur l’exécution sommaire produite à Saint-Cyr par des membres du  groupement «Jacky» en septembre 1944.

Contexte historique en 1947, les services des archives de la Vienne effectue un recensement des faits marquants de la Libération de la Vienne.. Institutrice au village voisin de Dissay, Mme Lainé nous offre un témoignage différent du texte produit par Roger Picard et sur l’exécution des auxiliaires allemandes du cimetière de Saint-Cyr en  septembre 1944.

Lettre témoignage de Lydia Lainé aux archives départementales de la Vienne découverte en décembre 2013.

Lettre témoignage de Lydia Lainé aux archives départementales de la Vienne découverte en décembre 2013.

 

Extrait de la lettre témoignage de Lydia Lainé sur l'exécution des trois auxiliaires allemandes dans le cimetière de Saint-Cyr (Vienne86)

Extrait de la lettre témoignage de Lydia Lainé sur l’exécution des trois auxiliaires allemandes dans le cimetière de Saint-Cyr (Vienne86)

 

la lettre de Lydia Lainé  a été rédigée en 1947 sur des pages de cahier d'école...

la lettre de Lydia Lainé a été rédigée en 1947 sur des pages de cahier d’école…

Dès 1976, les historiens Roger Picard et Gaston Racault avaient publiés un ouvrage sur la Seconde Guerre Mondiale dans la Vienne, pour le CRDP (centre régional de documentation pédagogique) de Poitiers. Ils avaient repris quelques extraits d’une lettre écrite par Lydia Lainé, une institutrice de Dissay en 1947, pour expliquer la nuit de cauchemar du 29 août 1944, quand six habitants du village furent fusillés par des soldats allemands.«Le lendemain au petit jour, (…) la colonne avait laissée derrière elle six victimes». 

Suite à cette première exécution allemande, une seconde est produite en représaille par un maquis «non identifié» par les historiens. Reprenant la lettre de 1947, ils indiquaient cependant que «Ce massacre (du 29 aout) avait exaspéré les haines. Trois jours après, trois femmes des services auxiliaires, appelées les souris grises, tombaient sous des balles vengeresses, exécutées à leur tour  dans le cimetière de Saint Cyr».

Officiellement  déclarée «disparue» par Roger Picard,  je retrouve finalement  la lettre originale aux archives départementales en décembre 2013. Le témoignage de l’institutrice donne une autre version sur la seconde exécution.«Trois jours plus tard, un claquement sec dans le vieux cimetière de Saint-Cyr! Trois femmes allemandes, trois  »souris grises  » que des maquisards ont capturées se sont effondrées par terre devant les six tombes encore fraîches. L’une d’elle pleurait et ne voulait pas mourir. Une autre jurait que les allemands reviendraient les venger. Elles sont tombées là, toutes les trois sous les balles des patriotes dont l’intention première était de les fusiller à St Pierre de Maillé autre lieu de crimes allemands ». Des archives militaires confirment la proximité du maquis FFI «JACKY» très actif contre les allemands entre Bonneuil-Matours et St-Pierre-de-Maillé, où des maquis furent fusillés.