Les six français fusillés à saint-Cyr (Bondilly) le 29 août 1944

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photo des victimes : Michel Dubois/Roger Moine/ Jean, Roger et Claude Moine fils

Les six civils fusillés de Bondilly : un drame familial face à une logique de guerre

Le village de Saint-Cyr se trouve à 20 km au nord de la ville de Poitiers, dans le département de la Vienne en France métropolitaine. Durant la Libération de 1944, Saint-Cyr est devenu un village martyr, où six civils français ont été sommairement exécutés. Dans la nuit du 29 août 1944 à 1h du matin, une colonne hippomobile et cycliste de soldats allemands remontant vers l’Est, venant de Poitiers par la route départementale 15, cette colonne se dirige en direction de Bonneuil-Matours se trouve arrêtée par 5 gros chênes sabotés à l’explosif pour bloquer la route.

En pleine nuit, les soldats allemands, mais également des français selon quelques témoignages recueillis, retournent dans le village se dirigent vers les premières habitations du hameau de Bondilly.  Selon les témoignages des survivants, ils commencent à fouiller les maisons craignant la présence de combattants du maquis. Sachant que d’autres personnes restent encore dans leur maison, monsieur Michel Dubois père décide de sortir d’une tranchée creusée par lui en zig-zag comme en 1914-1918. Ancien combattant de la Grande Guerre, Michel Dubois se cache chaque nuit avec sa famille pour éviter les bombardements nocturnes du château Du Fou, ou la RAF a déjà attaqué des éléments de la 17e panzer SS.

En pleine nuit, il se dirige pour parlementer avec les soldats allemands, laissant sa femme et ses enfants dans la crainte de représaille, mais sans doute surpris et sous pression ces derniers l’abattent sur place sans sommation devant sa maison. Le coup de feu alarme tous les soldats allemands, qui craignent une attaque de la Résistance. Ils tirent dans chaque fenêtre, lucarne et toit des maisons. Un vent de folie souffle dans la cour de ferme des Moine. Une fouille en règle est effectuée par les soldats qui expulsent les familles Moine et Berger de leur lit. Les hommes valides sont réunis pour défaire le barrage des arbres en travers de la route, ce qui demande plusieurs heures d’ouvrage.

Désiré Berger, Roger Moine et ses fils Jean, Roger et Claude travaillent à déblayer la route départementale D82. Dès le travail achevé, les soldats allemands fusillent sur place monsieur Berger et les fils de monsieur Moine sur place, le long du grillage qui borde la forêt du « Défend ». Ils ramènent Monsieur Roger Moine qui est sous le choc vers le reste de la famille. Pris de panique, il s’enfuit sur un petit chemin parallèle èa son domicile, mais il est immédiatement abattu. Les soldats allemands laissent les corps en place et continue leur route dans la direction de Bonneuil-Matours.

C’est au première lueur de l’aube que les rescapées donnent l’alerte au reste du village. Plusieurs hommes du village vont découvrir les corps ensanglantés de leur voisin et ami à l’orée de la forêt dite du Déffend. Les cadavres des fils Moine y sont découvert, les mains accrochés au grillage et le crane explosé par une balle, se rappelle encore Jacques Chevalier, qui avait 17 ans et dont son meilleur ami Roro, Roger Moine est là gisant devant lui, le visage défiguré. Beaucoup des habitants de Saint-Cyr resteront marqués à jamais par l’horrible massacre de cette nuit du 29 août 1944.

Les funérailles des six villageois sont célébrés le 31 août 1944, comme l’atteste le livret paroissial de la cure de Dissay. Lors des obsèques, une grande peur envahit les personnes venues rendre hommage à leurs frères, cousins ou amis. Des soldats allemands passent encore sur la route proche du cimetière. Plusieurs personnes penseront que les allemands reviennent terminer  leur oeuvre destructive. Fausse alerte. Plusieurs troupiers allemands passent en vélos, à cheval ou à pied pour remonter vers l’Allemagne patrie, sans connaitre la tragédie de Saint-Cyr.

CÉRÉMONIE COMMÉMORATIVE-VILLAGE DE SAINT-CYR 1946

cérémonie au cimetière de Saint-Cyr 1946
habitants de saint-Cyr se dirigeant vers le mémorial du drame en 1946
1946-recueillement sur le lieu des exécutions à Bondilly de 1944
vin d'honneur 1946
vin d’honneur après la cérémonie souvenir de 1946

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